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{Mots d’autrefois} sur le souvenir

Les dernières lignes de Figures et paysages sont celles-ci:

Aujourd’hui un idéal nouveau frissonne sour les
fronts. Ceux-là vont au Progrès par un autre chemin:
l’ambition et la fortune s’élèvent sur les ruines
du sentiment romanesque. La chevalerie est
morte, mais chaque siècle apporte sa somme de
joies et de luttes et c’est un devoir de chérir ses
morts, comme c’est un devoir d’espérer l’avenir.
C’est pourquoi, par ce soir de mai, radieux, j’ai
évoqué les visions d’autrefois, qui me sont apparues
dans la gloire du soleil couchant: comme un
grand amour qui m’enveloppait dans un beau souvenir
et dans une immense promesse.

Montmagny, 17 mai 1910.

DE BIENVILLE, Louyse. Figures et paysages, Beauchemin, Montréal, 1931, p.234-235.

Au plaisir de se retrouver l’an prochain! 🙂

{Mots d’autrefois} sur l’inspiration

Au début de ce chapitre, Louyse de Bienville réfléchie sur l’histoire du Canada ainsi que sur le travail de nos ancêtres, et sur celui qu’il nous reste à accomplir.

Il est évident que la nature, ici, fut le décor
voulu par le Créateur dans la vision lointain de
la grande épopée qui devait s’y dérouler. Rien
d’étonnant alors que la Providence ait conduit
vers «la terre neuve» ces hommes héroïques,
qu’attendaient des rives sauvages, altières et superbes,
éveillant en des coeurs audacieux, par le magique
entraînement de sa beauté vierge, le grand désir
de lutte et de conquête.
Mais la tâche que nos ancêtres accomplirent
avec la large compréhension de leurs idéals, nous
la devons continuer différement en des temps
nouveaux. Parce que des chapitres de notre histoire
sont terminés, il ne s’ensuit pas que nous
devions fermer le livre sur les feuillets blancs qui
suivent et nous laisser vivre désormais dans une
existence toute matérielle, dans la douce quiétude
de la paresse intellectuelle, sans les efforts vers
l’ascension morale qui doivent soutenir la vitalité
nationale et porter les individus sur les sommets glorieux.

DE BIENVILLE, Louyse. Figures et paysages, Beauchemin, Montréal, 1931, p. 43-44.

{Mots d’autrefois} sur le Montmagny de jadis

Cette semaine à nouveau, les mots de Louyse de Bienville.  Elle nous fait le plaisir de nous raconter un peu le Montmagny d’autrefois.

La petite ville de Montmagny a connu les splendeurs
mondaines et des témoins oculaires m’assurent
que du temps où les familles des seigneurs et
celle plus rapprochées des Taché, Beaubien, d’Estimauville,
Gauthier, Bossé, Bender, Marmette, Coursol,
Monpetit, y habitaient, la jeunesse dorée y faisait
 grand frais d’élégance, aussi des alliances nouvelles
s’y complotèrent en de chastes et délicieuses
idylles.  On n’allait aux soirées que ganté de blanc,
frisé et pomponné, avec cette recherche discrète
qui est le charme de la distinction. Les unions
d’alors virent les derniers sourires de l’aristocratie
de race désintéressée de toute l’influence pécuniaire
et empreinte des seules grâces de l’esprit, des
seules qualités du coeur et des seules fiertés de l’honneur.

DE BIENVILLE, Louyse. Figures et paysages, Beauchemin, Montréal, 1931, p.234.

{Mots d’autrefois} sur Saint-Thomas de la Pointe-à-la-Caille

Nous vous présentons aujourd’hui madame Marie-Louise Marmette Brodeur(1870-1928).  Elle est la fille du romancier Joseph Marmette, la petite-fille de François-Xavier Garneau et l’arrière-petite-fille de sir Étienne-Paschal Taché.  Issue d’une si belle lignée de penseurs et de littérateurs, cette femme a toujours su manier la plume de belle façon.  Elle est connue pour ses chroniques littéraires dans quelques périodiques, dont le Courrier de Montmagny. Elle écrivit pendant de nombreuses années sous le pseudonyme de Louyse de Bienville.  En 1931, sa famille réunit ses écrits dans un ouvrage intitulé Figures et Paysages.  Le texte qui suit provient de ce livre.

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{Mots d’autrefois} sur l’humilité

Voici le dernier billet vous rapportant les paroles d’Étienne-Paschal Taché.

Il n’est pas nécessaire que je sois premier ministre, que
j’aie ma part des gloires de ce monde, mais il est
nécessaire que je sois bon chrétien et honnête homme.

Paroles prononcées par Étienne-Paschal Taché
peu de temps avant son décès, le 31 juillet 1865

{Mots d’autrefois} poème pour Lady Belleau

Au cours de l’année 1863, Étienne-Paschal Taché emploie un peu de son temps à la poésie.  Lady Belleau, épouse de l’homme politique Narcisse-Fortunat Belleau (1808-1894), fait la collection de poèmes écrits par des hommes politiques et demande à Taché de lui en composer un.  Comme l’explique Yves Hébert dans la biographie sur Taché, «nous ignorons dans quel contexte il a été créé et remis à la dame» (p.246).

Quarante quatre printemps ont tous fui dans l’abîme
Depuis que je vous vis pour la première fois
Folâtre jeune enfant avecque votre intime
Dont le nom me rappelle mon ange d’autrefois
Ayant grandi plus tard en beauté et en sagesse
Vous allâtes habiter l’intéressant manoir
«Des grâces le palais» des amis l’allégresse*
Si beau si pittoresque sur le gai promontoire
Quel souvenir hélas! faut-il que je vous donne
Des années écoulées quand j’arrive à l’automne?
Un portrait, triste image de l’homme de mon printemps
Mais c’est mélancolique comme la faux du temps.

22 avril 1863
*Le soulignement apparaît sur le manuscrit.
HÉBERT, Yves. Étienne-Paschal Taché: le militaire, le médecin et l’homme politique.
Les Éditions GID, Québec, p.246-247.

{Mots d’autrefois} sur la vieillesse

 Nous blâmons aujourd’hui chez les jeunes gens les choses
dont nous nous sommes rendus coupables envers nos
devanciers. L’âge amène invariablement des instincts
conservateurs etc. c’est ce [qui] fait sans doute que la
vieillesse devient moins chagrine.

Étienne-Paschal Taché
le 8 décembre 1856

{Mots d’autrefois} sur l’honneur

 … l’honneur avant tout: et une réputation sans tache,
c’est ce qu’il m’importe, avant la fortune, de léguer à mes
enfants: car la fortune acquise aux dépens du droit et de
la justice ne profite jamais à ceux à qui elle échoit.

Étienne-Paschal Taché
le 25 août 1851

{Mots d’autrefois} sur la nation

Un peu plus de justice égale, non dans les mots
mais dans les actes; et je réponds que si jamais
ce pays cesse un jour d’être britannique,
le dernier coup de canon tiré
pour le maintien de la puissance anglaise
le sera par un brave Canadien.

Étienne-Paschal Taché, le 20 mars 1841.

{Mots d’autrefois} sur les patriotes

Que le peuple de cette province, ne peut considérer les résolutions des ministres et du parlement et les prétendues lois dont elles seront la base, que comme une rupture du contrat social qui existe entre la mère-patrie et ce pays, en le privant de toute garantie de liberté et de bon gouvernement, le remplaçant par celui de la force, sous le prétexte tyrannique d’une nécessité dont on n’était pas juge; et qu’un pareil ordre de choses ne peut durer qu’autant de temps qu’un peuple qu’on veut courber ne peut le renverser.

Motion d’Étienne-Paschal Taché
lors de l’assemblée des Patriotes de Saint-Thomas, le 26 juin 1837.
(Le Canadien, le 3 juillet 1837)

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